
Le 24 février, Tilikum, une orque épaulard mâle de 30 ans, faisant 5,4 tonnes, a attrapé Dawn Brancheau, sa dresseuse, par les cheveux et l'a entraînée, entre ses mâchoires, au fond du bassin où elle s'exhibe devant petits et grands au Sea World Park d'Orlando, en Floride.
La jeune femme est décédée.
Tilikum a déjà agit ainsi par deux fois auparavant, tuant ses dresseurs.
Mais 'the show must go on'... Le spectacle continue, répète la direction de ces parcs d''attraction. Pas question d'en cesser avec ces shows...Gardons ce redoutable et magnifique prédateur en captivité. Frites, beignets et frissons garantis.
Rick O' Barry, ancien dresseur de dauphins (il a dressé le célèbre Flipper) repenti, aujourd'hui pourfendeur de ces parcs d'attraction aquatiques et farouche militant de la cause des dauphins, ne décolère pas : "En plus de la tristesse de cet événement tragique, on ne peut s'empêcher de ressentir de la colère envers ceux qui persistent à monter des spectacles avec ces créatures sauvages dans des environnements qui peuvent les conduire à la violence".
Paul Watson, l'emblématique président de Sea Shepherd Conservation Society, a croisé un jour le chemin de Tilikum.
Voici ce qu'il raconte :
"Je ne peux pas vraiment reprocher à Tilikum ce qu'elle a fait. Si on m'avait sorti des océans pour me jeter pendant quarante ans dans une cellule de prison en béton, j'aurais aussi tendance à être un petit peu énervé.
Aucune personne raisonnable ne traverserait sans escorte la cour d'exercice d'une prison de sécurité maximale. Il est irresponsable de la part d'un être humain vulnérable de tourner le dos à une orque captive, stressée et affamée – le prédateur le plus redoutable de la planète.
D'ailleurs, j'ai rencontré Tilikum: dans les années 80, j'ai visité le SeaLand du Pacifique, spécialement invité par Bob Wright, propriétaire des lieux. Il voulait que je constate directement en quoi consistait son business. Je me suis assis au bord du bassin et ai caressé la tête de cette orque immense. J'ai aussi mis ma main dans sa bouche et passé ma paume sur sa langue afin qu'elle puisse sentir que je n'avais pas peur d'elle. Je me rappelle avoir regardé dans l'oeil gauche de ce prédateur magnifique et avoir vu de la résignation et de la tristesse. Elle n'était pas heureuse.
J'ai su à ce moment-là, et je le sais encore, que la place de Tilikum n'était pas dans une piscine et qu'elle n'avait rien à y faire.
Je pense qu'une seule option honorable s'offre à Sea World: rendre Tilikum à sa maison, la mer. Son pod peut-être identifié et Sea World a l'argent, les connaissances et la technologie nécessaires pour faire ce qui est juste dans l'intérêt de l'orque et de l'humanité.
Si Sea World ne ramène pas Tilikum à la mer, alors la prochaine fois qu'un être humain trouvera la mort, victime d'une orque en colère et frustrée, ce ne sera pas juste une autre tragédie mais de la négligence intentionnelle."