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Le jour d'après...Cluny. Le chasseur cherche dans le sang et le meurtre une stérile jouissance

Le week-end dernier, il y avait un répugnant championnat de déterrage à Cluny.
Je te renvoie à mes billets.
La mobilisation contre cette honte a été forte. Les tueurs ont été contraints à adopter un comportement mesuré dont ils ne sont pas coutumiers.
Dominique Voynet a fait lire le propos qui suit par son assistant parlementaire. Elle s'adressait aux nombreux opposants présents sur place.    
 

Mes chers amis,

Je tiens, puisque je ne peux pas être parmi vous aujourd'hui, à vous faire savoir ma solidarité et mon soutien.

On aimerait pouvoir se dire que les pratiques que vous dénoncez, que nous dénonçons aujourd'hui, ne devraient plus avoir cours en France. Qu'elles devraient, disons le sans ambiguïté, y être interdites, comme elles le sont chez tant de nos voisins. On aimerait se dire que, dans la France de 2008, il n'est pas nécessaire de manifester, de signer des pétitions, de se rassembler pour que, tout simplement, on renonce à de telles manifestations de cruauté gratuite, de violence et au fond, d'indignité.

Comme vous, j'ai entendu les moqueries de ceux qui considèrent qu'il est vain, désuet et au fond ridicule de se passionner pour le sort du blaireau. J'ai vu, comme vous, les sourires de ceux qui ne comprennent guère qu'on se mobilise contre le déterrage des blaireaux. Et je sais que les sarcasmes  peuvent désarmer le courage de celles et ceux qui ne se résignent pas à l'inacceptable, même lorsque l'inacceptable s'exerce contre des animaux.

Ce que je veux vous dire aujourd'hui, c'est de ne pas vous laisser aller, de ne pas succomber aux moqueries.

Continuez d'expliquer, de convaincre. De redire que, non, les hommes ne sont pas mieux traités parce qu'on maltraite les animaux. De dire que, si la vertu d'une société se mesure aussi au sort qu'elle réserve aux plus faibles, aux fragiles, à ce qui est sans défense, alors le sort des animaux nous en dit long sur notre société.

Je veux croire que votre mobilisation sera massive, indignée mais aussi enthousiaste. Et que nous finirons par faire admettre à notre pays qu'il ne se grandit lorsqu'il laisse persister la part imbécile des traditions, la cruauté erigée en sport, la violence en spectacle.

Je ne suis pas là, mais, croyez-le, je suis avec vous.
Je vous remercie.  

Pour conclure sur cet appel à la raison, à l'intelligence du coeur, à la vertu, mot désuet, peu utilisé mais pourtant si noble, quoi de mieux que de lire (ou de relire) un extrait de L'Utopie, de Thomas More.
Homme politique anglais du 15ème siècle, décapité sur l'échafaud le 06 juin 1535 pour avoir combattu le projet qui faisait du roi d'Angleterre (Henri VIII) le chef de son église, il est l'auteur d'un ouvrage magistral, étudié maintes fois, destiné à tous les humains par-dessus les siècles.

L'Utopie, c'est la société idéale, un autre monde, sage et meilleur pour tous. 

C'est une oeuvre majeure de l'Humanisme, un monument de la pensée philosophique et politique.

Voici le passage :

" Mais n'est-ce pas plutôt l'espoir du meurtre, l'attente du carnage qui passionnent exclusivement pour la chasse ?
Et comment ne pas ouvrir plutôt son âme à la pitié, comment ne pas avoir horreur de cette boucherie, où le chien fort, cruel et hardi, déchire le lièvre faible, peureux et fugitif ?  

C'est pourquoi nos insulaires défendent la chasse aux hommes libres, comme un exercice indigne d'eux; ils ne la permettent qu'aux bouchers, qui sont tous esclaves.
Et même, dans leur opinion, la chasse est la partie la plus vile de l'art de tuer les bêtes;

[...] Les utopiens pensent en outre que cet amour de la mort, même de la mort des bêtes, est le penchant d'une âme déjà féroce, ou qui ne tardera pas à le devenir, à force de se repaître de ce plaisir barbare."

 

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