
Elisabeth Hardouin-Fugier, professeur des universités, historienne de l'art et des mentalités, a commenté le rapport qui a conduit à la reconnaissance de la corrida comme patrimoine immatériel cultutel de la France.
Tu liras l'intégralité de cette analyse ici http://pression-ethique-anti-corrida-europe.over-blog.com/article-analyse-par-elisabeth-hardouin-fugier-du-rapport-tauromachie-immaterielle-75805446.html
Voici quelques extraits :
"Une interprétation domine le RAPPORT.
Cette vue poético-littéraire se réfère surtout ( IV, 44 ; V,9, X, 30 ) au Miroir de la Tauromachie de M. Leiris (1937), aujourd’hui supplantée par des discours de nature esthétique et écologique ou tout simplement une jouissance intense, de type sadique, parfois avouée.
I- LA CORRIDA MAGNIFIÉE
A- UN RAPPORT POÉTIQUE
1- ARCHAÏSME VALORISANT
Leiris, écrivain de talent, signe comme ethnologue mais écrit le Miroir de la Tauromachie comme poète ; il détecte dans la corrida des traits de magie, d’alchimie et d’archaïsme sacrificiel, thèmes à la mode après Montherlant. Au début du XXème siècle, une archéologie méridionale prometteuse et féconde, prétend situer la corrida dans la « nuit des temps » (III, 19), confondant l’ancienneté du taureau avec celle de la corrida, régulée en 1796. Une « civilisation méditerranéenne », (V, 9,10) pare la corrida d’une « éminente valeur symbolique depuis la plus haute antiquité » (VIII, 2), de valeur « de sacrifice » (VI 6), et même fusionnelle : « s’identifie à lui » (IV, 34-5).
Leiris avoue son détachement, voire son mépris de la corrida dès l’après-guerre : « j’ai fini par liquider l’amour de la corrida...devenue « grotesque boucherie ».
Ni les archéologues, ni même l’aficion ne croient plus en cette fausse archéologie dénoncée aujourd’hui par l’aficion dans l’article Mithra du dictionnaire de référence a « les aficionados...ont tort » (la Tauromachie, Histoire et dictionnaire, R. Laffont, 2003, p. 652).
Loin d’être un sacrifice, la corrida reproduit minutieusement les rites des exécutions publiques avec supplice, aujourd’hui bien documentées par les historiens : on y retrouve encore les rites judiciaires solennels, et les modes d’exécution, en particulier les « supplices additionnels » infligés aux condamnés, pour le taureau les banderilles de feu, (aujourd’hui appelées « veuves ») et jusqu’à l’inversion de la foule invectivant (jadis l’exécuteur, aujourd’hui le torero) ratant le coup fatal, comme pour s’innocenter d’être venu jouir, comme nos ancêtres, d’une mise à mort avec supplice."