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Corrida : Patrick Oliver ne manque pas d'air...

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Elle était très agaçée.
Ses pas trahissaient ses états d'âme.
La Mort s'approcha de Patrick Oliver et lui murmura à l'oreille (qui n'avait pas vu par ailleurs un coton tige depuis 2 mois) :
-"Dis-moi mon con joli, enfoiré de mes deux, j'ai vraiment envie que tu m'accompagnes là où je réside, vers ce pays lointain...Car vois-tu, vous commencez à me gonfler puissance dix, tes épigones et toi, ces philosophes niveau bac à sable, avec leur tauromachie synomyme de domestication de la mort, inséparable de l'estocade, l'acte nu, ultime, ce geste suprême qui concentre un face à face avec le destin de tout être vivant et tout le bataclan."
-"Votre charabia de pervers me sort par les trous de nez. Tu veux m'apprivoiser ? Banco ! On est parti pour un très long voyage."

Le teint crayeux du jeune matador (20 ans) prouvait à l'évidence que la vie le quittait, ce dimanche 23 août, dans l'arène de Saint-Sever (Landes).
Le second toro de l'après-midi lui avait infligé un coup de corne à démâter un voilier, pile-poil dans le cou.
La corne avait traversé la trachée artère de part en part.

La Mort se ravisa. Elle avait assez donné, entre ces gosses emportés par les vagues de l'Atlantique, ces vacanciers fauchés sur la route, ces hérissons écrasés par ces mêmes vacanciers...La Mort fait ce qu'elle veut, c'est la reine et ya pas à discuter.

Elle laissa une chance à Patrick Oliver. Les hommes appellent ça un miracle.
La veine jugulaire avait échappé, de quelques millimètres, au coup de corne.

La Mort s'en veut, rétrospectivement, de son indulgence. Il faisait chaud...Voilà...Mais elle m'a dit aujourd'hui, toute puissante qu'elle soit, que la mort du brave toro lui fut insupportable.

 

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