Le 13 juin 2009, le CACMA (Colectivo Andaluz Contra el Maltrato Animal) et Rescate Animal Granada appellent à une grande manifestation pour l'abolition de la corrida à Granada, alors que s'y déroulera la feria principale de cette ville (du 08 au 15 juin), la fête du Corpus Christi.
Tu imagines bien que cette manifestation est étroitement corrélée à cet évènement.
Le corps et le sang du Christ seront certes célébrés comme il se doit mais, entre deux sermons et trois lectures de l'évangile, ça va torturer et tuer dans les arènes sans mauvaise conscience. Ce sera même festif !
Loin de rejeter la corrida et les mauvais traitements qu'elle entraîne, l'église catholique lui accorde au contraire sa bénédiction.
Cela fait très longtemps que le chistianisme a oublié le message évangélique qui s'étend à toutes les créatures vivant sur cette terre et qui impose de se soucier du sort des animaux, victimes de la stupidité et de la cruauté des hommes.
Seuls, trop seuls, des personnes comme Monod, Schweitzer parmi les plus connues, mais également des hommes plus anonymes des diverses églises réformées, ont tenté de replacer l'animal au coeur de la vie chrétienne.
Monod, justement; mais pas Théodore. Il s'agit de Wilfred (1867-1943), le père du premier nommé.
Il fut pasteur comme lui et compte comme une brillante figure du protestantisme français.
Voici ce qu'il écrivait * :
"D’ailleurs, nous exprimions notre horreur pour les combats de coqs, les concours de pinsons aux yeux crevés, le tir aux pigeons, les courses de taureaux.
Mais nous ne savions pas deviner les lâches souffrances infligées à des bêtes par la volupté gastronomique des gourmets ; ni les tortures infernales de l’abattoir ordinaire ou d’un certain genre de vivisection inutilement cruelle et presque sadique.
Le langage courant comportait, chaque année, de fréquentes et placides allusions à l’« Ouverture de la chasse », distraction souvent barbare ; on vise les bêtes, pour agrémenter une promenade, sans posséder toujours l’assurance d’avoir tué l’animal, ni même de l’avoir blessé à mort.
Quant aux chasses à courre, avec bénédiction sacerdotale de la meute, et messe de Saint-Hubert avec fanfare de cors, avec hallali féroce et larmes de la bête aux abois, jetons un voile sur ces recréations dites « mondaines ». Pour couronner la fête, on tranche la patte d’un cerf forcé, qui gémit, cerné par des « humains » et menacé de chiens... Quand une femme de la compagnie aura tendu la main pour agréer l’hommage d’une extrémité de patte sanguinolente, est-ce avec les mêmes doigts qu’elle saisira le pain de la Sainte Cène à la table de la Communion ?"
(Wilfred Monod, "Après la journée, 1867-1937, Souvenirs et Visions", Bernard Grasset, Paris 1938, p. 36)
* Croyant ou non, tu es invité à visiter régulièrement ce site www.webzinemaker.com/saintfrancois/ qui diffuse d'excellents textes sur la cause animale.