
Qu'ils sont trognons, les viandards ! Alors même que leurs effectifs diminuent constamment, alors même qu'ils vieillissent jour après jour (ils sont désormais obligés de racoler au collège !), ils font l'effort de nous faire plaisir et oeuvrent, de l'intérieur, à décimer leurs rangs.
Je peux te dire que vu la fréquence et le nombre d'accidents de chasse en ce moment, ça sent le sapin pour les miliciens des campagnes.
Ma musette est pleine de crevés, d'estropiés, de mutilés; j'attends l'hiver et les mauvais jours avec sérénité.
Heureusement, il y a chez eux des héros, des qui sont pas des fillettes, des durs au mal, des qui sourient face à la mitraille des bavures.
Lui par exemple : 33 balais mais déjà la couenne épaisse.
Il était en battue au sanglier, à Uchacq-et-Parentis (Landes), le 27 septembre dernier quand un pote de tuerie lui a collé une bastos dans la boyasse.
Ce dernier (73 ans) avait aperçu un renard rabattu dans sa zone de traque et avait voulu se la jouer perso !
Une balle destinée à un sanglier qui t'arrive dans le bide, ya de quoi l'avoir mauvaise, hein ? Pas lui.
Notre lascar est resté des jours et des jours en réanimation à l'hosto de Mont-de-Marsan mais il n'a pas porté plainte contre le nigaud qui l'avait allumé.
Tu sais pourquoi il est resté zen ? Parce qu'en définitive, c'est de la faute du ricochet et parce que celui-ci avait détalé aussitôt.
D'après Europol, il aurait déjà traversé la frontière et serait passé en Espagne.