Qu'avait-il ressenti quand ses potes l'avaient invité à achever, quel honneur, quelle responsabilité, le sanglier gisant à terre, couché par les balles ?
Une fierté de vicieux, qui, couteau de chasse à la main, avec peut-être un semblant d'érection, allait donner la mort à une pauvre bestiole canardée ?
Quel plaisir de pouvoir plonger la lame dans la gorge d'un animal agonisant, un si bel animal puisqu'on nous rapporte qu'il faisait dans les 120 kg.
Le goût du sang est puissant. Il donne du courage pour faire des choses ignobles. Ces choses qui font plus tard les charniers.
La battue avait été fructueuse, ce dimanche 05 octobre, sur les hauteurs de Pressiat (Ain), dans le Revermont.
L'endroit avait été ratissé comme il le fallait, militairement. Echapper aux balles de ces fumiers ? Impossible.
Qu'a-t-il ressenti quand, au moment de lui ôter la vie, il reçut un phénoménal coup de tête de la bête blessée qui, avant de rendre l'âme, usa de ses dernières forces pour saccager le ventre de l'enfoiré ?
Boyaux démontés, rapatrié dare-dare vers l'hosto, il a été forcé de laisser à ses compères le soin d'achever le sanglier.
De loin. Au fusil.