Le téléphone sonna alors que je lisais "Les contes du chat perché ", de Marcel Aymé. J'aime beaucoup le conte du loup, qui révèle, penaud, à Delphine et Marinette, qu'il a préféré becqueter le petit chaperon rouge, gamine bien fraîche et dodue plutôt que la vieille peau d'hareng de la mère-grand.
Un péché de jeunesse...Qui demande miséricorde.
C'était Richard, le chevreuil responsable de la délégation Est du Mouvement pour se débarrasser définitivement de la racaille des talus et des sous-bois (le MDR-tsb).
Après m'avoir complimenté pour le blog, s'être félicité du nettoyage par le bas qui s'opère en ce moment dans les rangs des viandards épais (on appelle ça de l'auto-neutralisation), il m'a vanné grave...
...Comme quoi je n'avais pas assuré, que mon attention avait du mou dans la corde à noeuds, que j'étais passé à côté de l'accident de chasse le plus poilant depuis les siècles des siècles, pliés de rire qu'ils étaient, les zanimos de la forêt.
"-Arrête ton char Richard, j'ai rétorqué ! J'ai loupé une bavure ? Humm, ça me ferait mal aux seins !
-C'est la vérité vraie mon pote ! Faut dire qu'il y a eu silence radio sur toute la ligne...Un truc comme ça, c'est à se les découper en tranches fines puis à les arroser de nuoc-mam.
-Mais il s'est passé quoi et où ? Raconte bordel..."
On est à Bure (Meuse). Si tu es un peu curieux (se), tu en apprendras beaucoup sur cet endroit, un paradis où l'ANDRA a décidé de réaliser un merveilleux centre de stockage de déchets nucléaires.
Donc, les chasseurs étaient dans la campagne de Bure, ce mercredi 1er octobre.
Lui, coup de bol, il a vu un chevreuil qui lui faisait face, à dix mètres de distance. Une dizaine de mètres ! Quelle aubaine ! Comment rater son coup ? Faudrait vraiment être une burne desséchée.
Mets-toi à sa place. Il a arrosé dru.
Quarante mètres plus loin, un collègue était en place. Soit quatre fois dix mètres plus loin.
Il a tout ramassé dans la gueule. Criblé, ravagé, tatoué au métal, et une bouille qui ressemble au final à un panier à salade.