• poulpe

    Tu liras ci-dessous avec profit une tribune libre signée par Pierre Jouventin (1) et David Chauvet (2) dans le quotidien Libération daté du 30 août dernier :

    Les animaux en toute conscience

    Darwin affirmait, il y a cent cinquante ans, qu’il n’y a pas une différence de nature mais de degré entre l’homme et les autres espèces animales. Pourtant, il y a encore quelques décennies, parler chez l’animal de conscience, c’est-à-dire des états supérieurs de l’activité intellectuelle, eût été inconcevable dans les milieux scientifiques. Il y régnait un climat de «mentaphobie» dénoncé par Donald Griffin, fondateur de l’éthologie cognitive. Ce temps semble définitivement révolu. A l’issue d’un congrès à l’université de Cambridge sur le sujet, des scientifiques internationaux renommés, dont Stephen Hawking, ont signé le 7 juillet une Déclaration de conscience des animaux (3), dont la conclusion est que «les humains ne sont pas les seuls à posséder les substrats neurologiques qui produisent la conscience. Les animaux non humains, soit tous les mammifères, les oiseaux, et de nombreuses autres créatures, comme les poulpes, possèdent aussi ces substrats neurologiques».

    Le néocortex n’est donc plus considéré comme indispensable pour penser finement. Dès 1920, on a démontré que les abeilles utilisent des concepts mathématiques pour indiquer leur butin aux congénères. Or les insectes ne possèdent pas de cerveau mais des ganglions nerveux, de même que le poulpe, mollusque de génie ! Ces vingt dernières années, une avalanche de découvertes nous a réconciliés avec le règne animal dont nous nous croyions si éloignés. Les éléphants coopèrent pour trouver des solutions. Les rats estiment plus urgent de délivrer leurs congénères enfermés que de déguster des friandises. Les chimpanzés apprennent à leurs jeunes à fabriquer et à utiliser des outils pour casser des noix. Les grands singes, les dauphins, les cochons, les éléphants et même les pies se reconnaissent dans un miroir, test classique de la conscience de soi que les enfants ne réussissent pas avant 18 mois. Mais les implications ne sont pas uniquement scientifiques. Elles sont aussi éthiques, juridiques et politiques. Pourrons-nous continuer de traiter les animaux comme des choses ? Pendant la canicule, les images de ces hangars où s’entassaient les cadavres d’animaux avaient de quoi couper l’appétit de ceux qui ont un cœur en plus d’un estomac.

    Notre code civil témoigne de cette chosification de l’animal, qu’il qualifie archaïquement de bien meuble (article 528) quand, en Allemagne ou en Suisse, les animaux sont expressément distingués des choses. Opposés à la reconnaissance juridique de la sensibilité des animaux, les lobbies de la chasse et de l’élevage ont obtenu lors du quinquennat précédent la mise à l’écart de toute réforme en la matière.
    Bref, en France, les animaux ne pensent pas parce que les chasseurs votent.

    (1) Auteur de «Kamala, une louve dans ma famille», Flammarion, 2012.
    (2) Auteur de «la Personnalité juridique des animaux jugés au Moyen Age», l’Harmattan, 2012.
    (3) http://io9.com/5937356/prominent-scientists-sign-declaration-that-animals-have-conscious-awareness-just-like-us.

     

     


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  • n0170

    Avec la vérole des taillis, t'es jamais déçu, tu fais des Best of tous les jours si le besoin t'en prend, elle est si ravissante de connerie que c'en est un bonheur...
    Ainsi, 2 jeunes chasseurs (oui, il y en a quelques uns) s'en allaient buter du volatile (la chasse au gibier d'eau est ouverte depuis la miaou) du côté de Livron-sur-Drôme, commune qui fait bien les choses puisqu'elle se situe dans la Drôme.
    La Drôme étant une rivière, il y a donc de l'eau et s'il y a de l'eau, ya des coin-coin et ce mercredi 22 août, nos jeunes amis avaient décidé d'en liquider.
    Mais ils n'étaient pas seuls, les bougres, à vouloir flinguer du vivant. Un autre chasseur, toujours non identifié, les a arrosés de plombs avec générosité.
    C'est un accident, bien sûr, la faute à pas de chance.
    L'un a  été touché aux bras et aux jambes, l'autre à un œil et aux bras. D'ailleurs, ce dernier a perdu un lampion dans l'affaire.
    Le tireur maladroit s'est cassé fissa, sans venir s'excuser. Il y a vraiment des gens mal élevés chez les viandards !
    En colère, l'un des plombés s'est exclamé : "À 23 ans, se faire tirer dessus au fusil par un homme se trouvant à 30 mètres de soi, ça peut dégoûter. Vraiment dégoûter de la chasse ! "
    Cétipabotoussa ?


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  • panneau

    C'est bon signe, les viandards se cartonnent méchant avant même que la saison de tuerie véritable ne débute. Pourquoi tant d'empressement ? Les nerfs qui lâchent, l'impatience, les tremblements dus au manque ? 
    Un peu de tout cela, c'est évident (de la mer). Ce sont des manifestations que connaissent les serial killers avant leur prochain passage à l'acte.
    Que s'est-il donc passé en Gironde, à Saint-Vincent-de-Paul exactement, ce samedi 25 août , dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne ? Lors d'une battue au sanglier, un chasseur a reçu une balle dans la guibole. Le souci, c'est que c'est du gros calibre, de la valda mahousse qui pique les yeux et en définitive, qui fait couler le précieux raisiné.
    Le sang, faut pas qu'il y en trop qui se déverse sur les feuilles mortes sinon, tu deviens comme elles.
    C'est le sort qu'a connu l'infortuné plombé; l'hémorragie avait fait son oeuvre. C'est ballot mais ce n'est pas de sa faute. Nos regards se tournent plutôt vers celui qui a tiré, cet ami de battue comme ils disent dans les journaux. Ce sera coton d'expliquer ça à la famille du calanché, sauf à solliciter Henri Cochet mais là, la ficelle serait un peu grosse.


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  • 250px-Tiger_shark

    Communiqué de Sea Shepherd et de l'ACSP  

    "Année de la biodiversité" ou pas, Réserve Nationale ou pas, la France a la gâchette facile contre les animaux sauvages en milieu naturel, dès lors qu’ils gênent de près ou de loin, une quelconque activité humaine, même récréative.

    Sea Shepherd et l’Association Citoyenne de Saint Pierre viennent donc de déposer un recours suspensif au Tribunal Administratif de Saint Denis pour faire annuler l’autorisation préfectorale de pêcher des requins bouledogues et tigres au sein de la Réserve Marine Nationale de l’Ile de La Réunion, sous couvert de "recherche scientifique".

    En janvier 2012, Sea Shepherd avait demandé au préfet un arrêté protégeant ces requins, sans succès. En effet, le requin bouledogue et le requin tigre sont classés "espèce quasi menacée" sur la liste rouge de l’IUCN (Union Mondiale pour la Conservation de la Nature) et remplissent néanmoins un rôle vital dans l’éco système marin. De plus, leur chair, toxique est impropre à la consommation et donc invendable. Ces espèces font par ailleurs l’objet d’un programme d’étude comportementale (CHARC) qui a déjà coûté 700 000 euros au contribuable.

    Les raisons de protéger ces espèces de la pêche sont donc multiples mais le Préfet n’en a entendu aucune. Il a par contre très bien entendu les appels aux battues réclamées par la Ligue de Surf et certains "usagers de la mer" suite aux récents accidents impliquant des surfeurs et des requins.  Si ces accidents sont dramatiques, il convient de rappeler que les requins ne surfent pas dans ces vagues, ils y vivent. Des solutions plus intelligentes, plus responsables existent.

    Ce laxisme coupable des autorités laisse aujourd’hui libre cours à des dérives intolérables. En effet, l’association OPR (Océan, Prévention, Réunion) qui affirme lutter pour prévenir le risque requin à la Réunion, organise des battues contre les requins, battues notamment financées par une récente collecte de fond lors de laquelle, c’est l’achat d’une prothèse pour la dernière victime avait été mis en avant pour motiver les dons. Surfer sur l’émotion pour mettre à mort les requins fait recette.

    Ajoutons que dans cette affaire, le silence du Ministère de l’Ecologie est assourdissant. Voilà un discrédit supplémentaire qui s’ajoute à l’affaire des intérêts pétroliers en Guyane, qui ont coûté son poste à la précédente ministre de l’Ecologie, Nicole Bricq. Nous recommandons pour notre part la fermeture pure et simple de ce Ministère, qui n’est rien autre qu’une coquille vide entretenant l’illusion, qu’en France, on se préoccupe de l’Ecologie.


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  • baie

    Dans quelques semaines, le grand carnage va débuter. Les 5000 élevages de petits gibiers (plume et poil), les 500 élevages de cerfs, les 600 élevages de daims, les 300 élevages de sangliers ont turbiné et vont vendre ces pauvres bestioles aux viandards afin qu'elles soient relâchées dans  une nature confisquée.
    Elevages de cibles vivantes pour serial flingueurs (et poivrots), telle est la réalité du milieu de la racaille des talus.

    À titre d'exemple, la modeste société de chasse de Trélévern, dans les Côtes-d'Armor, a prévu de lâcher 25 faisans et 25 perdrix en septembre et octobre, 20 faisans à la fin d'octobre et en novembre.

    Mais la tuerie au gibier d'eau a déjà commencé, mi-août. Les coin-coin ont chaud aux meules mais tout vient à point à qui sait attendre dit le proverbe.
    Il suffit de s'asseoir au bord de la rivière pour voir passer le cadavre de son ennemi.
    C'est ce que se disent, stoïques, les canards du Cotentin et ils ont pu vérifier tout récemment la justesse de cet adage.
    Pendant 3 jours, du dimanche 12 au mercredi 15 août, ils ont vu, interloqués, le corps d'un chasseur flotter et dériver sur le canal de Carentan.
    On sait depuis que ce dernier (le tueur de volatiles, pas le canal)  avait essayé de récupérer dans la baille la dépouille de l'une de ses victimes.


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