• Comme tu fréquentes ce blog régulièrement, et je t'en remercie par ailleurs, tu n 'es pas sans savoir que la Suisse vient de s'équiper de la législation la plus favorable au monde en matière de protection animale.
    Ce n'est pas venu tout seul. Ce n'est pas tombé de l'arbre, comme ça...
    Il en a fallu de l'investissement, des actions, des mobilisations, pour aboutir à ce résultat.
    Je salue, à cette occasion, les visiteurs suisses, nombreux, qui me font l'amitié de consacrer un peu de leur temps à lire les propos que je tiens sur ce blog.

    Alors, je disais que le terrain avait été bien labouré par un paquet de sympathisants et de militants de la cause animale.
    Tout n'est pas gagné, loin s'en faut.

    Klaus Petrus compte parmi l'une de ces consciences qui ont participé à l'émergence d'un solide et durable mouvement de défense de la cause animale.
    Professeur de philosophie réputé à l'université de Berne, il met en ce moment la touche finale à un livre (Tierrechtsbewegung und Aktivismus, à paraître bientôt)  qui traitera de l'ALF (Animal Liberation Front) en particulier et de l'action clandestine et illégale en général.

    Klaus Petrus a accordé un entretien au magazine l'Hebdo (édition du 03 juillet).

    Le voici.

    Vous dénoncez le fait que les animaux de rente sont de plus en plus considérés comme des choses, alors que les animaux domestiques sont toujours plus considérés comme des personnes. Pourquoi?
    Si on regarde la manière dont on traite les animaux dans les élevages intensifs, il est évident qu'ils sont réduits à l'état d'objets, dont le propriétaire peut disposer à sa guise. Pourtant, les gens comprennent que les animaux sont sensibles, qu'ils ont un intérêt à ne pas ressentir de la douleur et qu'ils sont capables d'avoir du plaisir.
    Nous savons tous qu'ils ont une valeur intrinsèque qu'il faut respecter.

    Vraiment?
    Il ne nous viendrait pas à l'idée d'enfermer un chat durant toute sa vie dans un espace réduit et confiné, dans le seul but d'être tué. C'est pourtant la condition qu'on réserve aux poules ou aux cochons.
    Pourquoi n'auraient-ils pas eux aussi droit à ce que leur valeur intrinsèque soit respectée? Un animal n'a pas d'intérêt à se faire tuer pour être mangé.

    Il faut bien se nourrir...
    L'homme n'a pas besoin de cela pour vivre. On mange de la viande parce qu'on trouve ça bon. D'un point de vue éthique, la satisfaction de ce plaisir ne justifie pas la négation de la valeur des animaux. Ils ont un droit moral à être respectés qui prime sur notre bon plaisir.

    Le droit suisse est l'un des plus attentifs au bien-être des animaux.
    Bien sûr, il est préférable de les faire souffrir le moins possible. C'est dans ce sens que va notre loi: elle veut agrandir les cages et éclairer davantage les étables. Seulement, la question fondamentale est de savoir s'il est légitime de considérer les animaux comme de simples ressources. Si on répond que non, la conséquence logique est d'abandonner leur exploitation.
    Pour moi, les réformes de régulation – qui rendent plus «humaines» les conditions de détention des animaux – sont contre-productives. Car elles donnent une image positive de l'industrie de l'alimentation d'origine animale et bonne conscience à l'opinion publique.
    Je soutiens uniquement les réformes qui interdisent des pans entiers de l'exploitation animale, comme l'interdiction du foie gras ou des fourrures animales.

    Est-ce la fin des élevages?
    Oui, mais pas seulement. Il faut arrêter d'utiliser les animaux, peu importe la raison: qu'elle soit économique, dans l'industrie de la viande ou laitière; scientifique, dans les laboratoires; ou sociale, comme dans les corridas, les combats de chiens, les cirques ou les zoos.
    L'utilisation des animaux comme compagnons devrait aussi être abolie... de même que les chiens d'aveugle.

    Vous voulez interdire les chiens d'aveugle sous prétexte que leur vie est indigne!?
    Ces bêtes sont sélectionnées, reproduites, dressées dans le seul but de servir l'homme. C'est comparable à l'esclavage des Noirs. Bien sûr, les chiens d'aveugle ne sont qu'un exemple. La conséquence ultime de ma réflexion est qu'il faut abolir le droit de propriété sur tous les animaux.

    Que faire des vaches et des poules qui ne peuvent survivre sans l'homme?
    Ces animaux n'existent que parce que l'homme les a sélectionnés pour en faire des fournisseurs optimaux de viande, de lait ou d'œufs. Si nous respections vraiment la valeur intrinsèque de ces animaux, il faudrait arrêter de les élever. Il ne s'agit pas de lâcher des millions de poules dans la nature dès demain. Personne ne croit à une révolution.

    On voit surtout des actions contre les corridas ou les animaux de cirque...
    Il faut commencer à se battre là où le soutien de l'opinion est déjà précaire: les cirques, les corridas, le foie gras, etc. Ensuite, il est de la responsabilité individuelle de chacun de boycotter les produits d'origine animale.

    En devenant tous végétaliens?
    Non seulement en renonçant à manger de la viande, du poisson, du lait et des œufs, mais aussi en refusant de porter du cuir ou de la laine. En Europe, c'est très facile à faire; moi-même, je vis comme cela depuis quatre ans. Ce véganisme n'est pas juste une question de style de vie, c'est un acte politique pour la libération animale.
    En plus, les quantités phénoménales de terres servant aujourd'hui à la production de fourrage pour des animaux de rente seraient à nouveau disponibles. S'ajoute à cela que la production de viande dégage énormément de CO2. Avec la crise alimentaire mondiale et le réchauffement climatique, ces questions finiront de toute façon par se poser.
    C'est pour cela que la libération des animaux sera le mouvement social de ce siècle. J'en suis convaincu.

    Votre point de vue reste néanmoins assez subversif... D'autant que vous êtes professeur du Fonds national pour la recherche à l'Université de Berne...
    Mes recherches et mon enseignement portent sur la philosophie du langage. A l'université, je ne donne aucune conférence et n'organise aucune réunion ayant trait à la libération animale.

    Mais vous préparez un ouvrage sur l'ALF, le Front de libération animale, qui soutient l'action directe.

    Je le fais durant mon temps libre. Je mène pour ainsi dire une double vie académique. Le livre traite des tactiques de l'ALF à travers l'étude de cas en Grande-Bretagne, en Autriche et en Suisse.

    Estimez-vous que l'action directe est nécessaire?
    Les images avec un activiste cagoulé tenant deux lapins de laboratoire dans ses bras peuvent sembler ridicules. Mais l'histoire récente du mouvement de libération animale montre que l'action directe peut s'avérer très efficace. Seulement, une grande partie des ces actions sont illégales. Sont-elles légitimes pour le bien des animaux? S'agit-il de la bonne tactique à adopter?
    A la deuxième de ces questions, les avis divergent: les uns disent que c'est contre-productif, les autres estiment qu'il s'agit du seul moyen de faire pression sur l'industrie animale.

    Mais vous-même, qu'en pensez-vous?
    Il faut voir au cas par cas.

    Avez-vous, vous-même, déjà mené une action directe?
    Non.

    NOTA : la photo est, tu l'auras deviné, empruntée au blog d'Anne-Marie et de Jean-Marie, que voici que voilou :http://naturesauvage76.com/

     


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  • La 60ème session de la Commission baleinière internationale (regroupant 80 pays) a achevé ses travaux en fin de semaine dernière à Santiago du Chili.

    Malgré les demandes (mollassonnes, il faut le dire) de l'Australie et des pays latino-américains adressées au Japon pour qu'il mette fin à ses campagnes annuelles de massacre de cétacés sous couvert de "prélèvements scientifiques", on en est resté au statu quo : le Japon persiste et signe et a décidé, malgré la réprobation de l'opinion publique internationale, de tuer 1000 baleines l'hiver prochain dans les eaux glaciales australes.

    C'est bien entendu l'objectif de la réouverture de la chasse commerciale (suspendue depuis 1986) qui est espéré par ce pays, appuyé par la Norvège et l'Islande.

    Paul Watson représentait son association Sea Shepherd Conservation Society à Santiago. Sans trop espoir, devinant l'issue de cette session, il a d'ores et déjà annoncé que les pirates des mers iraient, pour la 5ème fois, contrarier de facon agressive mais non violente, la campagne de chasse de la flotte japonaise en Antarctique sud.

    L'opération Musashi est en préparation.

    Miyamoto Musashi est un personnage très connu et vénéré des pratiquants des arts martiaux en général et des aikidokas en particulier.

    Modeste adepte de l'aikido, je te recommande l'achat de ce petit livre car il te permettra, dans ta vie de tous les jours (qui est un combat comme chacun sait) d'avancer sur la voie de l'art de vivre et d'agir.

    Illustre samouraï du 16ème siècle, maître en combat du sabre (il maniait 2 sabres à la fois !), il n'a jamais été vaincu.
    En même temps, quand tu perdais un combat, tu perdais ta tête...

    Au terme de sa vie de guerrier, il a écrit un ouvrage magistral de tactique et de stratégie, le Traité des 5 roues (Gorin-No-Sho).

    L'intitulé de la prochaine campagne de SSCS s'inspire donc des préceptes et valeurs transmis par le Traité des 5 roues, livre de chevet de Paul Watson par ailleurs.

    J'aurai l'occasion de t'en reparler d'ici le mois de décembre.

    "Or, une fois que le combat a débuté, pourchassez vos adversaires sur votre gauche. Efforcez-vous de les faire reculer vers l'endroit le plus difficile. En tout cas, il est très important de les faire reculer vers l'endroit le plus difficile. Aussi, il faut empêcher l'adversaire de regarder et de voir les caractéristiques d'un endroit difficile. Il faut donc éviter que les regards de l'adversaire puissent se promener alentour : assaillez-le sans cesse."

     


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    "La liberté d'autrui étend la mienne à l'infini"- Bakounine

    L'infamie qui a flétrit la démocratie autrichienne n'en finit pas de faire parler d'elle. Et pendant ce temps là, les 10 camarades de l'association VGT, au coeur de la répression, sont toujours en taule.

    Oui, c'est révoltant que l'appareil d'état s'en prenne à ces personnes qui n'aspirent qu'à changer, concrètement, le regard que l'homme porte sur l'animal. Aussi révoltant qu'une charge de CRS sur des infirmières en grève.

    Et l'honneur et la dignité commandent d'être au côté des matraqués et non des matraqueurs.

    Tu peux soutenir, de façon très simple, le moral des 9 copains et de la copine incarcérés. En leur écrivant un petit mot, dans la langue de ton choix.
    Imagine...Imagine le bien fou que ça donne, le fait de recevoir des centaines de messages de solidarité, d'encouragement, tous les jours, de toutes les parties du monde.
    Quand tu fais grève de la faim, que tu déprimes dans ta cellule, tes forces reprennent...

    Ce n'est pas la peine de faire long. Ni de timbrer puis poster ton courrier.

    Des camarades de l'association  Austrian Vegan Society vont s'en charger eux-mêmes puisqu'ils sont sur place.
    Je t'explique : tu leur envoies ta lettre par e-mail. Ils l'imprimeront et ils iront la porter directement à celui ou à ceux à qui tu apportes ton soutien.
    Il suffit juste de mettre le prénom du prisonnier en objet de ton courrier. Un prénom, un mail.

    Voici les 10 prénoms : Christian, Christof, Elmar, Felix, Jan, Jürgen, Kevin, Leo, Martin et Sabine.

    Voilà l'adresse où envoyer ton message :   info@vegan.at

    J'oubliais : les autorités pénitentiaires vont lire tous les courriers. Forcément. Donc reste prudent(e) dans l'utilisation de certains mots.

     


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    Toi qui parcours ce blog, parfois amusé, parfois accablé, tu as été bien sûr consterné par l'offensive conduite par le gouvernement autrichien contre le mouvement de protection animale actif dans ce pays.

    Je te renvois à mon article sur le sujet du 10 juin.

    Martin Balluch et 9 de ses camarades ont été victimes d'une saisissante vague de répression.
    Martin balluch est le président de cette association et à ce titre, singulièrement dans le collimateur des ennemis du vivant.

    Martin Balluch (docteur en philosophie, docteur en  physique, ancien collaborateur du célébre astrophysicien Stephen Hawking, titulaire de la chaire de physique-celle qu'occupait Newton- à l'université de Cambridge) est tout sauf un farfelu ou un irresponsable.

    Compte-tenu de sa réputation, il fallait que les avantages d'une répression inouïe contre son oeuvre l'emporte largement sur le discrédit jeté sur un gouvernement faisant dans l'arbitraire et la besogne de basse-police.

    Ces raisons, Martin Balluch les expose dans une lettre écrite le 09 juin de sa prison.

    Une lettre écrite avant-hier revient sur le cadre juridique et politique de cette punition démocratique.
    Tu la trouveras, en anglais, sur le site de l'association (http://www.vgt.at).

    En attendant, je te donne à lire quelques extraits de la longue lettre du 09 juin qui peut et doit interpeller quiconque est sensible à la cause animale.
    Ce qu'a fait le gouvernement autrichien à ces 10 copains, c'est à nous, à vous, à moi et à toi qu'il l'a fait.
    Tu ne crois pas que ça vaut le coup de diffuser et de faire circuler, largement, amplement, cette lettre ?

    Mon message au mouvement international pour les droits des animaux


    Ma vie a basculé le mercredi 21 mai.

    Nous avions préparé une nouvelle campagne portant sur une modification de la constitution en faveur des animaux, qui aurait été soumise au vote du Parlement début juillet.
    Cette campagne devait être lancée le lendemain même. Pour cette campagne, nous avions réussi à unir le mouvement tout entier en Autriche, à faire que tous tirent dans la même direction. Comme ceux d'entre vous qui me connaissent le savent, c'est là l'un de mes principaux objectifs : unifier le
    Mouvement pour en redoubler la force.

    Mais cette campagne ne devait pas voir le jour.

    Mercredi, au petit matin, la police a lancé la plus violente attaque jamais connue dans l'histoire autrichienne moderne contre un mouvement pour la justice sociale et contre des ONG. Des centaines de policiers armés et masqués ont défoncé les portes de 21 domiciles privés et de 6 bureaux appartenant à des ONG différentes, et celui d'un dépôt contenant du matériel utilisé dans des manifestations.
    25 personnes ont été arrêtées et interrogées par la police. 10 personnes ont été placées en garde vue, dont moi-même.

    [...] On pourrait imaginer que cette opération policière à grande échelle est la réaction d'un État confronté à un haut niveau de criminalité lié à la question animale. Mais le fait est qu'au contraire l'activité de l'ALF en Autriche est beaucoup plus faible que dans les autres pays où le mouvement pour les droits des animaux est bien implanté.

    On pourrait imaginer aussi que la police avait reçu des informations selon lesquelles de dangereuses attaques de l'ALF se préparaient, ou lui indiquant des caches de bombes incendiaires et de matériel terroriste. Rien n'est plus faux. Ils n'avaient reçu aucune information de la sorte, et ils n'ont même pas cherché ce genre de matériel.
    La seule chose qui les intéressait, c'était les ordinateurs, les livres et les vidéos, c'est-à dire des objets qui disent quelque chose de la façon d'être des personnes arrêtées.

    [...] Il existe une délinquance associée à la cause animale, même si elle est relativement faible. Il doit donc y avoir une grosse organisation dotée d'une structure hiérarchique, conduite à la manière d'une entreprise, qui est responsable de cette activité. Puisque je milite depuis des années pour les animaux, puisque je suis influent, et puisque j'ai des contacts internationaux, je dois être le chef de cette organisation.

    Point final. Voilà les preuves à charge. Vous arrivez à y croire ? Moi non, mais d'après tout ce que je vois, cela semble être la réalité.Mais comment est-il possible que je me retrouve en détention préventive au nom d'un motif de « suspicion » aussi absurde ? Bonne question. Deux semaines durant, on ne m'a communiqué aucune information sur la raison de mon arrestation. Puis, j'ai pu avoir accès au « dossier » et je suis passé devant un juge le vendredi 6 juin. Le procureur a donné lecture de la liste entière des crimes et délits liés à la cause animale des 11 dernières années, ainsi que d'actions sans caractère délictueux. Ce fut passablement long.

    [...] Qu'y a-t-il donc derrière tout cela ? Je pense qu'il s'agit de l'attaque la plus grave contre le mouvement pour les droits des animaux qui se soit jamais produite dans le monde depuis que ce mouvement existe.
    Il y a 11 ans, nous nous sommes lancés dans une nouvelle forme de militance en Autriche. Nous avons utilisé la tactique classique des campagnes sur le terrain, le contact avec les media, et des actions de désobéissance civile, afin d'obtenir des réformes législatives.

    Et nous avons connu beaucoup de succès.
    D'abord, nous avons fait interdire l'élevage d'animaux à fourrure, puis les animaux sauvages dans les cirques, puis les cages en batterie et l'expérimentation sur les singes et, dernièrement, l'élevage de lapins en cage.
    Ces succès ont beaucoup inquiété des groupes puissants dans la société. Une fois obtenue l'interdiction de l'élevage des poules en batterie en 2004, nous avons commencé à ressentir une répression policière croissante.
    La section anti-terroriste de la police a commencé à nous surveiller et à nous diffamer en diffusant des communiqués disant que nous étions soupçonnés d'activités criminelles. Puis, le ministre de l'Intérieur nous a publiquement qualifiés de groupe violent.

    [...] Il s'agit d'une opération politique : une attaque de grande envergure contre des campagnes visant à réformer les lois qui se sont avérées efficaces. Je vous en prie, faites entendre vos protestations contre les criminels qui sont les instigateurs de cette attaque, et qui sont probablement haut placés dans le gouvernement. Je soutiendrai ce mouvement de protestation autant que je le pourrai.

    Dès mon arrestation, j'ai entamé une grève de la faim. Mis à part une collation avant mon passage devant la juge, je n'ai rien mangé depuis. J'ai passé la dernière semaine à la prison de l'hôpital. J'ai des troubles de la vision et me suis déjà évanoui une fois. Ils ont dit qu'ils commenceraient bientôt à m'alimenter de force.

    J'ai besoin de votre aide. Je compte sur vous. Merci de tout le soutien que vous nous avez déjà apporté. Je vous en prie, croyez-moi quand je vous dis qu'il n'y a vraiment aucune preuve de quelque activité criminelle que ce soit me concernant.
    Il n'y en pas maintenant, et il n'y en aura jamais.

    Martin Balluch
    Depuis l'hôpital de la prison de Vienne
    9 juin 2008

     


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    Cette femme, c'est Elfriede Jelinek, prix nobel de littérature en 2004 (au grand dam de la partie réac, de droite comme de gauche, de ses compatriotes autrichiens).

    Lui, c'est Martin Balluch, président de l'association de protection animale VGT (Verein Gegen Tierfabriken), sans qui la législation autrichienne en matière des droits de l'animal (parmi les plus avantageuses au monde) ne serait pas ce qu'elle est aujourd'hui. 

     

    Comme beaucoup d'autres, et tu vas en faire partie, je le pense, Elfriede Jelinek a pris fait et cause pour Martin Balluch et 9 de ses camarades, objets d'une répression d'état inqualifiable et indigne d'un pays démocratique.

    Le 21 mai dernier, un fort contingent de policiers d'élite appuyé par une unité anti-terroriste est entré brutalement, au petit matin, dans les domiciles de 24 militants de 7 associations de protection animale, dont VGT. Les bureaux et sièges de ces associations ont également été investis.

    Les surprenant dans leur sommeil ( ils avaient auparavant défoncé les portes d'entrée), les flics ont joué la totale, comme dans un film d'espionnage.

    Perquisitions sans ménagement, interpellations musclées, saisie et confiscation de tout ce qui ressemblait à un téléphone et un ordinateur.

    Au nom d'un article d'une loi réprimant les activités criminelles (section 278a du code pénal autrichien), 10 militants ont été placés en garde à vue, sans pouvoir communiquer avec leurs proches et leurs avocats puis incarcérés.

    Ils sont toujours en taule, sous un régime d'isolement.

    Amnesty International s'est prononcé fermement contre ces méthodes, complètement disproportionnées, stigmatisant les violations flagrantes des droits de l'homme de la part du ministère de la justice autrichien.

    7 de ces personnes ont entamé une grève de la faim. Depuis 20 jours maintenant, leur vie est en danger. Martin Balluch a été transféré dans l'aile médicale de sa prison à Vienne.

    Bien sûr, tu te poses, comme moi, pleins de questions : qu'ont-ils fait, ces gens là, pour subir une telle répression ?

    S'être battus pour faire interdire les élevages intensifs de poules pondeuses ? Oui.
    S'être mobilisés pour raccourcir et améliorer les conditions de transport des animaux de rente ? Oui.
    Avoir forcé un certain nombres de magasins de luxe à stopper la vente de fringues en fourrure ? Oui.
    Avoir obtenu l'interdiction d'utiliser les grands primates dans le cadre de l'expérimentation animale ? Oui.

    Et tant d'autres choses encore ? Oui ! Peut-être il y a-t-il eu au passage quelques slogans bombés sur la devanture d'une boucherie ou d'un magasin de fourrure...Et alors ? Quel rapport avec les moyens employés, terrifiants, pour arrêter ces militants ?

    Qu'est-ce que ça cache ? La criminalisation de la cause animale, comme elle s'est engagée aux Etats-Unis et en Angleterre il y a quelques années ? J'ai bien peur que oui.

    Les ennemis du vivant, par des lois d'exception, de circonstance, par des dérapages judiciaires (toujours contrôlés), des provocations policières, des mensonges médiatiques, des manipulations politiques, préparent-ils la mise au pas des militants et sympathisants de la cause animale ?

    Pour réagir et soutenir les copains, c'est ici  :

    http://www.vgt.at/actionalert/repression/petition/index_en.php

    Et  voici l'adresse mail de l'ambassade d'Autriche à paris : paris-ob@bmaa.gv.at

     


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