• Alors ça, c'est une réunion au sommet pour rien ! Du cinéma, du gros pipeau.

    Pour s'en convaincre si besoin en est, il suffit de lire et de relire la conclusion de la réunion de Rome où 183 pays se sont réunis sous l'égide de la FAO pour se pencher sur la sécurité (et la crise) alimentaire dans le monde.

    Cette déclaration est sortie in extremis le 05 juin au soir.

    C'est parti :  "les délégués des pays membres s'engagent à éliminer la faim et garantir la sécurité alimentaire pour tous, aujourd'hui et demain".

    Mais je ne te laisse pas sur une mauvaise impression. Je suis trop charitable décidément.

    Voici donc un excellent article d'une journaliste du Nouvel Observateur paru il y a un mois pile-poil.

    Les bovins ruminent 30% de nos céréales
    Frères humains, devenez végétariens !

    Il suffirait de renoncer à la viande pour soulager la pénurie de grains tout en préservant l'environnement et notre santé

    "L'élite intellectuelle dans les pays développés trouve parfaitement normal de s'inquiéter de la surpopulation dans le monde, mais elle oublie toujours un fait. La vraie surpopulation, c'est celle du bétail." L'auteur de ces phrases n'est pas un vachophobe excentrique ou un végétarien fanatique mais l'économiste américain Jeremy Rifkin, auteur, entre deux essais sur le travail ou les nouvelles technologies, du passionnant «Beyond Beef», un essai sur l'impact dévastateur de l'industrie de l'élevage.

    Surpopulation ? Avec 1,4 milliard de vaches, notre planète croule en effet littéralement sous le bétail : le poids cumulé de tous ces ruminants est supérieur à celui de toute la population humaine avec ses 6 milliards d'habitants !
    Et c'est de pire en pire. La production de viande a été multipliée par cinq depuis les années 1950, pour passer à 265 millions de tonnes. Et devrait encore doubler sur les vingt années à venir.

    De quoi affoler les experts en alimentation, qui se demandent bien comment la terre pourra nourrir les 3 milliards d'humains supplémentaires de ces prochaines décennies.
    La concurrence entre les animaux d'élevage et les hommes s'annonce très rude.
    Car 80% de l'alimentation animale proviennent de cultures qui conviendraient également à la consommation humaine : maïs, soja. A l'ère de l'élevage industriel, nos bêtes accaparent à elles toutes seules 60% de la production mondiale de céréales, soit 670 millions de tonnes !

    Un volume qui suffirait amplement à nourrir les 850 millions d'êtres humains souffrant de malnutrition.
    En fait, d'un point de vue malthusien, la viande n'est pas «rentable».

    On estime qu'un végétarien consomme en moyenne 180 kilos de grains par an alors qu'un consommateur de viande en gaspille 930 kilos par an.

    Pour comparer le rendement de diverses spécialités agricoles, les agronomes calculent un taux de conversion alimentaire qui correspond au rapport entre le nombre de protéines consommées et produites. Pour obtenir 1 calorie de poulet, il faut ainsi environ 4 calories de nourriture végétale. Idem pour le porc ou les oeufs. Pour le lait, on grimpe à 8. Et pour le boeuf, à 17, voire bien plus !
    En comparaison, la pomme de terre est bien moins gourmande, son taux de conversion n'étant que de 0,46.

    Et encore, on ne compte pas les besoins en eau : pour produire 100 grammes de boeuf, il faut 25 000 litres d'eau. <script type=text/javascript></script>

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    Glouton, notre cheptel est aussi expansionniste. Au total, l'élevage et la production des aliments pour le bétail squattent 78% des terres agricoles mondiales, soit 30% de toute la surface du globe, trois fois plus qu'en 1960. «Sur un hectare de terrain, un agriculteur peut nourrir une trentaine de personnes s'il le consacre à la culture de légumes ou de fruits. S'il produit des oeufs ou de la viande, le ratio passe à cinq personnes. Et à beaucoup, beaucoup, moins, s'il ne s'agit que de viande rouge», dit ainsi Bruno Parmentier, auteur de «Nourrir l'humanité» et directeur de l'Ecole supérieure d'Agriculture d'Angers.

    Des périls verts à quatre pattes

    Le plus insensé ? C'est que toute cette bidoche est en priorité destinée à 0,1% de la population de la planète, l'infime petite minorité des riches de ce monde.

    Notre consommation de viande est passée de 30 kilos par personne et par an en 1919 à plus de 100 kilos aujourd'hui. C'est trois fois plus que la quantité préconisée par les organismes de santé. Non seulement notre régime carnivore affame la planète, mais il nous tue aussi par la recrudescence des maladies de «biens nourris» : accidents cardiovasculaires, diabète, obésité...

    Et pour ne rien arranger, il contribue au réchauffement climatique. Selon un rapport publié en 2006 par la FAO, l'élevage est responsable de 18% des émissions des gaz à effet de serre.
    Soit plus que le secteur des transports ! Avec leurs flatulences chargées de méthane, leurs tonnes de fumier gorgé de gaz hilarant, le fameux NO<inf></inf>2 également des plus nocifs, sans compter les émissions d'ammoniac synonymes de pluies acides et leurs déjections qui polluent les nappes phréatiques, nos charmants bovins sont des périls verts à quatre pattes.

    L'extension de leurs pâturages fait des ravages. En Amérique centrale, 20% des zones sylvestres ont déjà été ratiboisées. Et c'est encore pire au Brésil, où 38% de l'Amazonie ont été sacrifiés pour les bovins. Une déforestation qui s'accélère avec les immenses plantations de soja destinées à nourrir nos vaches, toujours elles.

    Mon royaume pour une entrecôte. <script type=text/javascript></script>

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    Doan Bui - Le Nouvel Observateur


    2 commentaires
  • Ecoute le cri de détresse des  éleveurs de lapins
    ........
    T'as pas bien entendu ? C'est pas grave, on s'en fout copieusement. A la limite, ce qui leur arrive, c'est plaisant.

    La cuniculture est une activité agricole singulièrement rétrograde en matière de conditions d'élevage. Du genre à tout faire pour éviter qu'une loi permette l'agrandissement des cages de 2cm ou un entassement moindre.

    Le bien-être des animaux, les éleveurs de lapins s'en tamponnent les flancs.

    Et cette activité en bave sur le plan économique. Tant mieux. Déjà, c' était pas brillant. Yavait du vent force 9 dans la voilure.

    Au printemps 2008, le coût de production d' un kg de viande de lapin était estimé à 2 euros. Sur le marché, le prix de vente moyen s'établissait à 1,70 euro.
    Les éleveurs perdaient du fric au final.

    Le plongeon va se transformer en cata.

    La Fédération nationale des groupements de producteurs de lapins (Fenalap) et la Confédération française de l'aviculture (CFA) viennent de publier un communiqué comme quoi la hausse du prix des matières premières est dramatique chez les producteurs, entraînant de très fortes baisses de revenus et des dépôts de bilan .

    L'alimentation du lapin représente 60% de son coût de revient. Or, cette alimentation, à base de céréales, a augmenté en moyenne de 50% sur un an et de 82% par rapport à septembre 2006.

    Le revenu moyen des éleveurs est désormais nul.

    A ces éleveurs qui se posent la question de leur avenir, je leur dis : stop!  Arrêtez ce job à la con, infâme et ingrat.

    Foutez la paix aux lapins. Faites autre chose. Votre présent se barre en sucette. 

    Reconvertissez-vous; il y a pleins de métiers plus nobles. Même huissier de justice (ou gardien de prison), c'est plus valorisant, c'est dire...

     


    3 commentaires
  • J'ai trouvé 26 raisons de relayer l'excellent  communiqué, reçu hier,  de l'Association végétarienne de France, au sujet de la crise alimentaire mondiale (qui entre nous soit dit, est liée à la crise économique et financière actuelle).

    Tu es prêt(e) ?

    Je plaisante...Car comme je sais que ton temps est précieux, je vais t'en présenter 3 .

    Déjà, j'y ai participé, à ma manière. Ensuite, l'analyse qui est développée est soigneusement occultée par les relais d'opinion et influenceurs médiatiques. Trop d'enjeux.
    A ce titre, le coup de gueule récent de Jean Ziegler, rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation sur ce thème est particulièrement éclairant.

    Enfin, l'envolée des prix des denrées alimentaires fait désormais la une des médias et devient l'un des sujets prioritaires des discussions internationales (comme les récentes réunions du G7 ou du FMI).
    Plus exactement, ce sont les conséquences sociales de cette envolée des prix qui entraînent cet intérêt soudain pour la question car, en effet, des « révoltes de la faim » sont en train de secouer plusieurs continents : Afrique, Amérique latine, Asie.
    Et ces révoltes sont les prémisses du retour des grandes famines telles qu'on n'en a plus connues depuis les années 1970.

    Le communiqué

    CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE : LA FAUTE À LA VIANDE !

    Les économistes, écologistes et experts mondiaux qui débattent de la pénurie alimentaire actuelle semblent étrangement frappés de cécité. Chacun y va de ses facteurs climatiques, financiers ou politiques, et personne ne voit le principal :Si les humains meurent de faim, c'est parce que les animaux d'élevages industriels mangent comme quatre !

    Plus de 750 millions de tonnes de céréales sont destinés aux animaux d'élevage, qui sont un gouffre à calories et protéines, avec des pertes de plus de 80 % entre ce qu'on leur donne et ce qu'on en retire.
    La presque totalité du soja cultivé dans le monde est destiné aux animaux.

    Mais 850 millions de personnes souffrent toujours de la faim ; et douze ans après le Sommet mondial de l'alimentation [1996] qui promettait de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées dans le monde d'ici à 2015, ce nombre est aujourd'hui plus élevé dans les pays en développement qu'il ne l'était en 1996.

    Avec ce que l'on gaspille pour obtenir à tout prix des produits animaux, on pourrait nourrir 2 milliards de personnes.

    Toutes les calories d'origine végétale produites pour les humains dans le monde le sont sur moins d'1/4 des terres agricoles mondiales, le reste étant dédié au bétail.
    Or il est produit 5 fois plus de calories végétales que de calories animales. La réalité, c'est qu'il faut près de 20 fois plus de superficie pour fournir une calorie animale que pour fournir une calorie végétale.

    Entretenir des animaux d'élevage est une entreprise d'un rendement exécrable etscandaleux.

    En 2002, dans son document « Cahier 9 - Nourrir son monde », l'Association Végétarienne de France montrait qu'à chaque fois qu'on accepte une journée sans produits animaux, on dégage assez de terre agricole pour nourrir une autre personne... Aujourd'hui, le monde s'inquiète de savoir comment nourrir les 9 milliards d'humains prévus en 2050.

    Le monde ferait mieux de s'inquiéter du fait que si le nombre d'animaux d'élevage croit sur les 40 ans à venir comme il a cru sur les 40 ans passés, il faudra en 2050 nourrir aussi 36 milliards d'animaux.

    Pourquoi ? Parce que les pays émergents se laissent tenter par les protéines animales : se préparent ainsi un désastre écologique, un désastre économique et un désastre pour la santé.
    En France, les 2/3 des protéines alimentaires produites sont d'origine animale. Montrons l'exemple !

    Subventionnons les productions végétales ; réservons les terres agricoles aux humains ; réduisons notre empreinte écologique ; améliorons notre santé. Adoptons une consommation responsable !

    Dans l'étude des effets néfastes de la consommation de viande sur la planète, les végétariens ont été des pionniers. Écoutons-les avant que le désastre soit irrémédiable.

    Site : www.vegetarisme.fr

     


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  •    

    Mais non, ça n'a rien à voir !

    Il n'y a aucun rapport, mal intentionnés que vous êtes, entre les dégradations, les intimidations qui ont eu lieu à Luchon (Haute-Garonne) ces derniers jours et la tenue d'un colloque, dans cette même ville, du 15 au 17 mai, sur le thème "Des ours, des loups, des hommes : initiatives européennes pour la cohabitation et la valorisation".

    Ce symposium qui rassemblera plusieurs acteurs et professionnels engagés dans l'amélioration de la coexistence entre les grands prédateurs et l'agriculture, notamment de la cohabitation homme/ours, est un évènement majeur car il balaiera toutes les questions liées à la problématique (système d'indemnisation des dégâts, renforcement de la protection des troupeaux ovins, valorisation de l'écotourisme...).

    Est-ce pour cela que la nuit tombée, par deux fois, les 07 mai et 13 mai, des vandales ont commis des exactions, fait débuter des incendies pour mettre la pression sur les bonnes volontés qui recherchent des solutions raisonnées et de bon sens ?

    Il y aurait-il une stupide volonté de nuire ?

    A la lecture (dans la Dépêche du Midi) des propos de Francis Ader, président de l'Adip, l'association de défense de l'identité pyrénéenne on se dit qu'effectivement, ces déprédations ne sont que pures coincidences :" C'est de la provocation de tenir une telle réunion, ici, dans les Pyrénées. Nous sommes contre, c'est tout. Nous n'organiserons rien officiellement mais nous ne garantissons pas de tenir la base".

     


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  • "Qu'est-ce que la vie ? C'est l'éclat d'une luciole dans la nuit, c'est le souffle d'un bison en hiver. C'est la petite ombre qui court dans l'herbe et se perd au couchant".

    Crowfoot (1821-1890). Porte-parole de la Confédération des Blackfeet, indiens des Grandes Plaines.

    Non ! Ils n'ont pas fumé la moquette.
    Non ! Ce ne sont pas des écolos radicaux, promoteurs de la 'deep ecology".
    Non ! Ce ne sont pas des descendants des tribus indiennes d'Amérique du Nord, parlant avec lyrisme, authenticité, du respect que l'on doit à la nature et aux plantes en particulier.

    Ils sont 12; ils sont docteurs en philosophie, cytogénéticiens, professeurs associés en botanique, vétérinaires, biologistes, juristes...
    Ce sont des pointures, comme on dit. Ils sont suisses.

    Et ils viennent tout juste de dire à la population suisse et aux autorités fédérales que :" tout acte de nuisance arbitraire envers les plantes est moralement répréhensible, comme le fait d'étêter sans raison valable les fleurs au bord de la route, qui est un exemple d'acte arbitraire".

    Pour être encore plus clair, ces personnes très sérieuses sont unanimes pour reconnaître que " les organismes végétaux ne doivent pas uniquement être protégés en tant que valeur instrumentale (leur utilité pour l'homme). Les plantes doivent aussi faire l'objet d'un respect moral en tant qu' organismes individuels doués d'intérêts propres".

    Mais qui sont-ils, ces fous ? Tout simplement des membres de la CENH, la  Commission fédérale d'éthique pour la biotechnologie dans le domaine non humain, instance investie par le Conseil Fédéral et chargée de conseiller les autorités, d'un point de vue éthique, sur toutes les questions relevant de la biotechnologie et du génie génétique dans le domaine non humain.

    Cette commission d'experts avait déjà rendu un rapport très positif sur le statut de l'animal, considéré comme un être sensible, ce qui avait permis d'améliorer son statut juridique.

    Aujourd'hui, elle publie un rapport dont les conclusions effacent sensiblement les distinctions et frontières morales entre le règne végétal et le règne animal.

    Ainsi, elle avance que d'un point de vue strictement biologique, l'unicité du règne animal ne peut pas être considérée comme supérieure (oui, tu as bien lu !) à celle des végétaux.

    Il s'avère, selon un botaniste, "que les plantes ne sont pas munies d'un système nerveux comme le nôtre et, jusqu'à présent, on les considérait comme des organismes autonomes et passifs. En réalité, elles disposent d'une capacité perceptive ultrasensible et interagissent de manière complexe avec les signaux extérieurs. Elles sont ainsi à même de réagir à la lumière, aux stimulations mécaniques et même au stress ressenti par d'autres plantes".

    Une majorité des membres de la CENH refuse, par ailleurs, pour des raisons morales, l'idée d'une propriété absolue sur les plantes, qu'il s'agisse d'une collectivité végétale, d'une espèce ou d'un individu. Selon cette position, personne n'est en droit de disposer des végétaux selon son bon plaisir.

    Tu as bien perçu que les experts de la CENH ont adopté une position biocentriste dans leurs travaux (c'est parce que ce sont des êtres vivants que les organismes sont à respecter au nom de leur valeur morale).
    De là découle l'impératif : l'homme, pour des raisons morales, doit faire preuve de réserve lors de l'utilisation des plantes, car les organismes individuels du règne végétal ont une valeur intrinsèque.

    Je te mets le lien qui te permettra de télécharger le rapport (format PDF).

    Tu pourras prolonger ta réflexion en songeant aux belles paroles de Walking Buffalo, indien Stoney  : " Saviez-vous que les arbres parlent ? Ils le font pourtant !  Ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous les écoutez. L'ennui avec les blancs, c'est qu'ils n'écoutent pas ! Ils n'ont jamais écouté les indiens, aussi je suppose qu'ils n'écouteront pas les autres voix de la nature".

    http://www.ekah.admin.ch/fileadmin/ekah-dateien/dokumentation/publikationen/f-Broschure-Wurde-Pflanze-2008.pdf

     


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