• La très longue marche

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    Cela va sans dire mais ça va mieux en le disant. Comme Gérard Charollois, par exemple, président de CV & N (www.ecologie-radicale.org) s'y est mis, je ne peux que rapporter son propos.

    La très longue marche.

    Notre époque qui s’imagine géniale parce qu’elle possède de l’informatique, des transports à grande vitesse, des télécommunications, de l’imagerie médicale, le déchiffrage du génome, des nanotechnologies, demeure obscurantiste, inquiétante, désolante par trop d’aspects.

    Des masses humaines croupissent, comme au temps des bûchers et ordalies, sous le joug de religions grotesques, criminogènes, sado-masochistes avec égorgements rituels, pensées magiques ennemies de l’hédonisme.

    Les peuples s’enflamment pour des nationalismes et racismes désuets, se laissent guider par des exploiteurs habiles.
    Ces masses grégaires abdiquent le cœur et la raison pour cheminer dans le troupeau sans même regarder le paysage et s’interroger sur la route suivie.

    De misérables fanatiques sacrifient leurs vies pour tuer des impies là-bas, et ici des sujets du marché, citoyens anesthésiés, élisent des commis de la finance qui les paupérisent au nom d’une compétition dégradante.

    Les injustices sociales, les dictatures corrompues et les négations des droits fondamentaux de l’homme sont tolérées au prétexte du relativisme culturel nihiliste prôné par certains intellectuels culpabilisés et alibi pour les affairistes sordides dont les intérêts financiers priment sur les principes moraux.

    Quant aux animaux, l’époque les traite en marchandises ou en parasites nuisibles que l’humain peut exploiter, massacrer, exterminer sous des prétextes économiques, sanitaires, récréationnels, ludiques, oubliant leur caractère sensible.

    Depuis des siècles, des philosophes, des poètes, des scientifiques lancent, dans le vacarme des médiocres, de déchirants appels pour que l‘humain se libère de ses arriérations, de sa cruauté, de ses comportements de brutes indécrottables.
    Et rien ne change.
    Toujours les mêmes crimes, les mêmes erreurs, les mêmes impasses font de cette planète une immense salle de torture qui broie les hommes, les bêtes et la nature.
    Au 18ème siècle, le britannique Bentham invitait à respecter les animaux en se posant la question de savoir, non pas s’ils pensent mais s’ils souffrent.

    Où en sommes-nous aujourd’hui ?
    Constatons que les techniques évoluent plus rapidement que la conscience collective.
    Non pas qu’il faille nier le progrès, mais dénoncer sa lenteur.
    Indéniablement, stimulée par l’appétit du gain, du profit, la société capitaliste innove plus vite en matière technologique qu’elle ne s’élève dans le champ de l’empathie.
    Le « progrès » des ingénieurs distance celui du politique.

    En occident, l’esclavage, le bagne, la peine de mort, la théocratie ont été abolies.
    Mais, pour obtenir ces avancées élémentaires, il fallut du temps, des combats, de la patience, des débats opposant l’ombre et la lumière.
    Tous ces progrès comportementaux demeurent plus fragiles qu’on ne le croit souvent.

    Dans nos sociétés, des forces régressives sont à l’oeuvre, jouant sur la peur, l’ignorance, les réflexes du cerveau archaïque.
    Combien de temps, faudra-t-il pour libérer l’humain de ses instincts de mort, le guérir du fanatisme, abolir la chasse, sujet tabou en France et toutes les formes de mépris d’autrui ?

    Lorsque j’ai entrepris, il y a déjà plusieurs décennies, le combat contre la mort loisir, marchaient à mes côtés des hommes de mieux, au nombre desquels je mentionnerai Théodore Monod et Jean-claude Hubert.
    Leur optimisme, c’est-à-dire leur foi dans l’humain, m’a souvent conforté.
    Je leur rappelais qu’un pessimiste n’est jamais qu’un optimiste devenu réaliste.
    A ces compagnons disparus avant nous, je dédierai notre action persévérante contre la barbarie des tueurs, des affairistes, des promoteurs, de tous ceux qui préfèrent leurs jeux calamiteux, leurs caprices et leurs sordides accaparements au choix de la vie.
    La longue marche continue dans une époque de fureurs mais désormais nos voix diront aux humains : par-delà vos identités crispées, vos mythes sanguinaires, votre indifférence à la souffrance, il y a des hommes qui s’affirment solidaires du vivant.

    Désespérer, c’est abdiquer devant l’abjection, se coucher devant les pires comportements, se faire complice des tortionnaires et des abrutisseurs.

    S’il advient que pour échapper à la censure des nostalgiques de Vichy encore présents ici et maintenant, Gérard CONDORCET relaie notre pensée, ce pseudonyme en forme d’hommage à un intellectuel en politique, prouve notre adhésion à l’idée de progrès.
    Progrès par l’alliance du cœur et de la raison, de l’émotionnel et de l’intelligence.
    Nous voulons créditer l’humain d’une capacité de mutation comportementale lui faisant récuser la superstition, la cruauté, la cupidité.
    Le vrai progrès ne dissocie pas la connaissance fondamentale qui éclaire et l’usage que l’on fait de la puissance sur le monde.
    Puisque la paléontologie, la science de l’évolution, la biologie moléculaire révèlent l’unité du vivant, dans l’essentielle diversité des formes, proclamons le respect de tous les êtres sensibles au nom d’un droit d’échapper à la souffrance.
    Mais.
    Qu’il est loin encore l’humain humanisé !
    Alors, travaillons à sa gestation.

    Gérard Charollois


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