• lycaena_dispar_4
    http://pagesperso-orange.fr/papillon.macro/index.htm


    De toutes les belles choses
    Qui vous manquent en hiver,
    Qu'aimez-vous mieux ?
    Moi, les roses;
    Moi, l'aspect d'un beau pré vert;
    Moi, la moisson blondissante,
    Chevelure des sillons;
    Moi, le rossignol qui chante;
    Et moi, les beaux papillons.
    Le papillon, fleur sans tige
    Qui voltige,
    Que l'on cueille en un réseau;
    Dans la nature infinie,
    Harmonie
    Entre la plante et l'oiseau.

    Gérard de Nerval (1808-1855)


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  • pins_arbr5
    Photo : F.Croset-LPO

    POUR FAIRE LE PORTRAIT D'UN OISEAU.

    Peindre d'abord une cage
    avec une porte ouverte
    peindre ensuite
    quelque chose de joli
    quelque chose de simple
    quelque chose de beau
    quelque chose d'utile
    pour l'oiseau
    placer ensuite la toile contre un arbre
    dans un jardin
    dans un bois
    ou dans une forêt
    se cacher derrière l'arbre
    sans rien dire
    sans bouger...
    Parfois l'oiseau arrive vite
    mais il peut aussi bien mettre de longues années
    avant de se décider
    Ne pas se décourager
    attendre
    attendre s'il le faut pendant des années
    la vitesse ou la lenteur de l'arrivée de l'oiseau
    n'ayant aucun rapport
    avec la réussite du tableau
    Quand l'oiseau arrive
    s'il arrive
    observer le plus profond silence
    attendre que l'oiseau entre dans la cage
    et quand il est entré
    fermer doucement la porte avec le pinceau
    puis
    effacer un à un les barreaux
    en ayant soin de ne toucher aucune des plumes de l'oiseau
    Faire ensuite le portrait de l'arbre
    en choisissant la plus belle de ses branches
    pour l'oiseau
    peindre aussi le vert feuillage et la fraîcheur du vent
    la poussière du soleil
    et le bruit des bêtes de l'herbe dans la chaleur de l'été
    et puis attendre que l'oiseau se décide à chanter
    Si l'oiseau ne chante pas
    c'est mauvais signe
    signe que le tableau est mauvais
    mais s'il chante c'est bon signe
    signe que vous pouvez signer
    Alors vous arrachez tout doucement
    une des plumes de l'oiseau
    et vous écrivez votre nom dans un coin du tableau.

    Jacques Prévert


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  • Sans_titre

     

    Par la lutte, parfois, on gagne.
    Par la seule négociation, on perd presque toujours."

    Patrick Brody

     


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  • Alain Bashung est passé de l'autre côté du miroir.

    On ne meurt qu'une fois et c'est pour si longtemps, disait Molière.

    Il nous reste ses compositions. Des tranches de vie. Des amours et des peines. Des faiblesses qui nous sont chères. Il y avait 25 ans; rue Marcadet, Paris; Martine me dit je veux pas qu'on m'aime mais je veux quand même. Le noir est une couleur magnifique.

    Il est tard, courons vite, cours vite Alain...Trop tard. Le soleil s'est couché.

    Je me souviens d'une autoroute...
    Coupée en deux
    J'ai pas vu le panneau...
    Je fermais les yeux

    Toujours sur la ligne blanche

    Mes yeux sont dans le miroir où je les ai laissés
    Je me reconnais même plus sur vos journaux
    Comment s'appelle cet endroit
    Je me suis perdu, je reconnais pas
    J'ai pas bien lu le scénario

    Je me souviens d'une autoroute...
    Coupée en deux
    J'ai pas vu le panneau...
    Je fermais les yeux

    Toujours sur la ligne blanche


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  • Je suis bouleversé par cette photo. Hier samedi 28 février, dans le quotidien Libération, elle illustrait un reportage dans cette république démocratique du Congo où la guerre civile déplace des centaines de milliers de réfugiés.

    Ce sont deux soeurs, photographiées par Finnbarr O'Reilly pour l'agence Reuters.

    Ces deux fillettes 'vivent' dans le camp de Bulengo, proche de Goma, dans l'est du Congo.
    Cette région est en guerre depuis 1996. Les atrocités succèdent aux atrocités.

    Finnbarr O'Reilly est un photographe de presse réputé. Il a reçu en 2005 la plus haute récompense décernée aux photojournalistes : le World press photo.

    Une photo comme celle là, témoignage saisissant, remplace toutes les explications et les commentaires.

    Certaines ont fait le tour du monde : celle de cet homme seul face aux chars de l'armée chinoise, place Tienanmen, celle de cette gamine vietnamienne nue, terrorisée, éperdue, fuyant son village arrosé au napalm par les hélicos de l'US Army.

    Voici le site de Finnbarr O'Reilly :http://www.finbarroreilly.com/

    Pour en terminer sur le sujet, je te livre un court extrait du récit de Paul M.Marchand, canadien comme Finnbarr O'Reilly, grand reporter, correspondant de guerre (Beyrouth, Sarajevo...).
    Tu trouveras "Sympathie pour le diable" en format de poche, aux éditions J'ai Lu. Fais gaffe, l'effroi te saisira, tes forces et ton optimisme te quitteront à sa lecture.

    " La diarrhée des bonnes intentions contrariait l'essentiel des préoccupations de mes semblables : le meurtre.
    L'Homme naît pour être en fin de compte couché, foulé, piétiné.
    Jonché de chaos et de sang.
    Il se reproduit uniquement pour mieux s'exterminer, se liquéfier en eaux troubles, en poussière et en merde.

    [...] La planète est conservée par le sang, pas besoin de la tourmenter par des engagements dictés par la peur, l'émotion et la colère.
    Elle génère sa propre  survie, son propre élan par des défrichages successifs.
    L'indulgence la rend bouffie, l'apathie l'engraisse.
    Le remède est le retour régulier à la saignée.

    Cette planète est un immense cercueil à l'air libre. Il ne manque qu'un volontaire pour fermer le couvercle."


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